La COMEDIE de la MANDOUNE/TPO est née, professionnellement, le premier février 1970, à Auch dans le Gers, sous le nom de Théâtre Populaire en Occitanie (TPO). En 1978 elle s'installe à Montauban, dans le Tarn et Garonne, et c'est en 1997 qu'elle ajoutera l'appellation actuelle afin de marquer fortement son ancrage dans la cité d'Ingres qui soutient son travail depuis 22 ans.
Mais l'action de décentralisation théâtrale commença, dès l'année 1966 sous l'impulsion de Jean DUROZIER et de sa famille. Car la Comédie de la Mandoune/TPO est le dernier outil de création théâtrale de cette famille dont les ancêtres, au 18 ème siècle, étaient comédiens, musiciens ou "artistes d'agilités".
Ils perpétuent ainsi la tradition du théâtre de tréteaux itinérants. Depuis un siècle et demi, neuf générations de saltimbanques se sont succédées sans discontinuité. Tous "enfants de la balle" nés dans des auberges, au hasard des voyages qui les menaient de foires en foires, ou, dès la fin du 19 ème siècle dans des roulottes que l'on garait derrière un vrai théâtre, tout en bois, entièrement démontable d'une capacité de 500 places.

Ce "théâtre" se déplaçait de villages en villages, s'installant sur les places publiques pendant une période de deux à trois mois pour y présenter un répertoire éclectique de mélodrames, de pièces historiques, de comédies militaires ou de vaudevilles et aussi, à partir des années cinquante, des oeuvres classiques et modernes. L'avènement de la télévision et l'exode rural sonnèrent le glas de la disparition des "baraques" comme on les appelait. Dans les années 1930 il y eut jusqu'à 280 baraques en France.
Organisées en troupes comme celle de "L'Illustre Théâtre" de MOLIERE, elles étaient dirigées par des familles dont la plupart ont disparu aujourd'hui. La famille DUROZIER en est une des dernières et peut être bien la dernière représentante encore en activité.
L'aventure du théâtre démontable de la famille s'acheva en 1958. Pendant deux ans une autre expérience de théâtre itinérant fut tentée sous un chapiteau de toile qui ne restait que quelques jours dans les communes visitées. Puis la troupe s'installa, dans une salle fixe, dans le centre de la France. Mais le théâtre en milieu rural était déjà condamné à disparaître. En 1963 la troupe cessa ses activités. Certains quittèrent le "métier" mais la plupart poursuivirent une carrière individuelle.
En 1966 Jean DUROZIER décide de quitter Paris pour s'installer, avec sa famille, à Auch et crée une compagnie. La dernière génération de "banquistes" celle née après guerre était devenue adulte. L'aventure, commencée au siècle précédent, pouvait se poursuivre sous une forme adaptée aux temps nouveaux mais gardait les mêmes principes de fonctionnement.
De 1967 à 1970 les activités fondamentales de la compagnie, dont les membres étaient semi-professionnels, furent mises en place. Elles perdurent aujourd'hui.
- Créations et diffusion de spectacles classiques ou contemporains destinés à tous les publics.
- Vulgarisation du théâtre en milieu scolaire.
- Organisation de festivals.
- Formation aux métiers du théâtre.
A ce jour plus de cent spectacles ont été "montés". Le premier, fin 1966, fût "Antigone" de Jean Anouilh, le dernier "Le Cid" de Pierre Corneille.
La première tournée scolaire s'effectua, en 1967, dans le département du Gers à l'initiative de l'Inspecteur d'académie qui a tout de suite compris l'intérêt pédagogique de cette démarche. Le premier spectacle fut un Molière: "La jalousie du barbouillé" suivirent Corneille, Brecht, La Fontaine, Ionesco, Shakespeare, Camus etc... En trente trois ans plus de 3.000 représentations ont été jouées dans des établissements totalisant plus de 700.000 élèves sur l'ensemble du territoire national.
Les festivals d'été ont fait appel à des personnalités du théâtre comme Michel Le Royer (d'Artagnan) Daniel Gélin (Lagardère) etc... pour jouer dans des pièces comme "Les trois mousquetaires", "Le bossu", "Notre Dame de Paris" etc...
En 1973, la compagnie créait le premier feuilleton théâtre, en Périgord, avec une adaptation de "Jacquou le Croquant". La presse Parisienne, et notamment Michel Cournot dans le Monde, se fit l'écho de cette expérience.
L'école de théâtre, encore dirigée aujourd'hui par Jean DUROZIER, se félicite d'avoir suscité de nombreuses vocations parmi les élèves qui l'ont fréquentée. Pratiquement tous ont commencé leur carrière professionnelle au sein de le compagnie et l'ont poursuivie tant en province qu'à Paris.
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